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  • De l'antiquité au 18 ème siècle :

La lavande, plante médicinale tient ses origines sous les termes "lavandula stoechas" ou spica, et trouvent racine dès les Romains qui s'en servaient comme parfum, pour les bains et l'entretien du linge. Dans tout le pourtour méditerranéen se développe ainsi l'utilisation de la plante, rangée au nombre des "plantes précieuses" par les naturalistes romains (citée en particulier par Pline).

Mais ce n'est qu'au Moyen Age que l'on voit apparaître le terme "lavande", selon le verbe latin "lavare" qui signifie laver. Son utilisation était liée à la lutte contre les maladies infectieuses : le parfum est associé à l'aspect thérapeutique, on a longtemps cru que les mauvaises odeurs propageaient les maladies. A cette époque, on trouvait la lavande dans les jardins de monastères où, associée à d'autres plantes aromatiques, elle était utilisée à but médicinal. Les plantes étaient d'ailleurs les seuls éléments de la pharmacopée.

Quant à la cueillette de la lavande, elle apparaît dès le XIVème siècle dans des textes relatifs à l'herboristerie (cf. Les Herboristes de Lure). En 1371, la culture de la lavande existait déjà en Bourgogne et on la retrouve dans tous les "jardins de simples" où les "bonnes herbes" étaient réunies en une sorte d'armoire à pharmacie naturelle.

Le développement au XIIIème siècle des Facultés de Marseille et Montpellier a joué un rôle important dans la connaissance des bienfaits des plantes locales et les recherches des universitaires s'appliquaient aux moyens d'en extraire les principes actifs. On la retrouve citée dans de nombreux textes, elle était utilisée à but thérapeutique sous forme d'huileessentielle, tant à usage interne qu'externe, notamment suite aux épidémies de peste en Provence.

  • Développement de la lavande à partir du 18è siècle

La ville de Grasse va avoir un rôle décisif dans l'histoire de la lavande. Depuis longtemps, Grasse est un centre important de traitement des cuirs, lié à l'activité pastorale de l'arrière-pays, pour lesquels apparaît au XVIIIè siècle une nouvelle mode : celle des cuirs parfumés. C'est ainsi que naît à Grasse une industrie très importante : la corporation des maîtres-parfumeurs devient autonome de celle des tanneurs dès 1759. La création de l'entreprise CHIRIS, en 1768, va démultiplier la demande de lavande et des plantes aromatiques de l'arrière-pays.

La cueillette de la lavande est une activité complémentaire réservée aux petits paysans, aux femmes et aux enfants. La fleur est vendue aux grassois comme matière première. Dans l'économie rurale concentrée autour des cultures vivrières, des céréales et de l'élevage, la lavande apporte une nouvelle source de revenus pour les plus modestes; d'autant qu'elle pousse toute seule dans des régions arides, sur des terres pauvres et impropres à tout autre culture. La cueillette de la lavande va devenir un facteur important de frein à l'exode rural qu'ont connu beaucoup de territoires ruraux similaires.

  • L'apogée de la lavande : 1900-1950

Peu à peu, les paysans parviennent à s'équiper d'alambics mobiles et à distiller eux-mêmes sur les zones de cueillette. Puis des alambics fixes entourés de maçonnerie sont développés par des familles de cueilleurs :1882 : Sault - 1900: St André Les Alpes - 1905 : Entrevaux. Les Grassois installent sur place des distilleries de type industriel dès 1907 : distillerie SCHIMMEL à Barrême.

L'huile essentielle pouvant être stockée pour être vendue aux meilleurs cours, la spéculation se développe rapidement et les revenues appréciables des bonnes années permettent la modernisation des exploitations. Les courtiers auront un rôle prépondérant dans le commerce entre l'arrière pays et Grasse.

Dans les années 1920/1930, la cueillette de la lavande fine atteint une importance maximum avec les équipes de travailleurs piémontais, déjà employés pour d'autres travaux agricoles. Une amélioration du rendement est rendue possible grâce à l'entretien des terrains : épierrement, labourage, passage des troupeaux de moutons qui nettoient et fertilisent les terrains. Si les premiers essais de mise en culture datent de 1905 par une simple transplantation des plus beaux plants des collines dans les champs proches des villages, il faut attendre l'après-guerre de 14-18 pour voir se développer cette pratique.

Les coupeurs avaient remarqué des plants plus développés qui furent appelés "grande lavande" ou "lavande bâtarde". Entre 1925 et 1930, la technique de bouturage s'impose pour le lavandin, avec des sélections pour la recherche des plants offrant un meilleur rendement en essence et une meilleure résistance et adaptation aux terrains. C'est également à cette période que sont concentrés les efforts sur la mécanisation et la modernisation de la culture. Félix Eysseric, qui a créé son entreprise en 1928 à Nyons, invente entre-autres des appareillages destinés à l'exploitation de la lavande, la première machine à couper la lavande.

  • Le déclin de la lavande fine

En 1952, les premiers essais de coupe mécanique et le développement des cultures de lavandin entraînent le déplacement des cultures. On assiste à une concentration des cultures dans les zones de plateau (Sault, Valensole) et de plaine (Vallée du Rhône) et à une extension de la culture du lavandin vers de nouvelles zones à partir de 1965 (Ardèche et Gard).

 

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